On en parle avec deux chercheurs du CR-HMR

Le glaucome est l’une des maladies de l’œil qui atteint le plus de gens au Canada. La maladie endommage gravement le nerf optique pouvant causer des pertes de vision et aller jusqu’à la cécité si elle n’est pas traitée.
Du 12 au 16 mars 2018 a lieu la Semaine mondiale du glaucome afin de sensibiliser les gens à l’importance des examens de dépistage et à la recherche. En effet, les symptômes du glaucome n’apparaissent qu’après un certain temps. Une personne peut être atteinte sans le savoir et s’en rendre compte seulement lorsque sa vue commence à être affectée. Heureusement, lorsque le glaucome est diagnostiqué, il peut être traité par l’application de goûtes et de chirurgies afin de prévenir la perte de vision.
Relâcher la pression
Un des facteurs qui est souvent observé lorsqu’une personne est atteinte du glaucome est l’augmentation de la pression intra-oculaire (PIO). C’est pourquoi depuis déjà plusieurs années on propose des procédures chirurgicales pour installer des implants qui permettent de diminuer la PIO et freiner la progression de la maladie. La technologie des implants et de la chirurgie évoluent constamment. Le Centre universitaire d’ophtalmologique de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont est reconnu pour son excellence. C’est pourquoi il est souvent sélectionné pour être le premier à mettre en place de nouveaux produits qui facilitent l’implantation et améliorent l’efficacité des traitements.
Une de ces technologies est un micro-stent d’une grosseur de 0,4 mm sur lequel travaille le Dr Paul Harasymowycz, chef de la section de glaucome à l'Université de Montréal et chercheur clinicien à l’HMR. « Nous avons constaté qu’après la chirurgie, nous pouvons évaluer le "flow" d’humeur aqueuse et que ceci correspond à la baisse de PIO. Pour les patients cela veut dire une chirurgie avec moins de complications, une récupération plus rapide et une diminution du nombre de collyres qu’ils doivent utiliser », explique le Dr Harasymowycz.
Deux grandes pistes de recherche
Au Centre de recherche HMR, les équipes du Dr Mark Lesk et du Dr Santiago Constantino, Ph.D., explorent d’autres voies pour comprendre et traiter la maladie.
L’augmentation de la PIO, bien que fréquente, n’est pas un facteur exclusivement lié au glaucome. Certains patients peuvent être atteint par la maladie et avoir une pression intra-oculaire normale. Une des recherches étudie donc les propriétés mécaniques de l’œil, soit l’élasticité et la rigidité de la coquille de l’œil et du nerf optique. De nouvelles méthodes sont développées pour mesurer ces propriétés et observer leurs relations avec le glaucome. Ces recherches apporteront des outils pour de meilleurs diagnostiques de la maladie.
D’après le Dr Lesk, le CR-HMR use de son expertise en thérapie cellulaire pour explorer d’autres voies de traitements. Avec la collaboration du Dr Denis Claude Roy, directeur de l'unité de recherche de thérapie cellulaire et directeur scientifique du Centre de recherche HMR, on travaille sur la restauration du système de drainage de l’œil grâce à des cellules souches de moelle. Dr Lesk explique que les cellules souches apportent des résultats satisfaisants, cette piste de recherche pourrait apporter de nouveaux traitements encore plus efficaces que les implants pour diminuer la PIO. Par contre, on est encore loin d’une application clinique sur des patients. On commence tranquillement à comprendre les facteurs de croissance des cellules souches qui contribuent à la régénérescence du système de drainage de l’œil. Il s’agit tout de même d’une avenue très intéressante pour l’avenir. À suivre…
Ce qu’il faut retenir
Il existe des méthodes de diagnostique et des traitements pour préserver la vision des patients atteint du glaucome. Les recherches apportent des solutions plus agréables pour les patients et promettent de nouvelles technologies encore plus efficaces dans l’avenir. La constante est l’importance de l’examen ophtalmologique pour repérer les signes du glaucome avant l’apparition des symptômes. Alors, avez-vous pris votre rendez-vous chez l’ophtalmologiste?
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