Repérage, détection et intervention précoce en matière de dépendance
Contexte
En tant que membres du personnel du CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal et citoyens, nous ne pouvons être indifférents aux répercussions liées à la consommation de substances psychoactives, à la pratique de jeux de hasard et d’argent, ainsi qu’à l’utilisation problématique d’Internet. Que l’on examine ces problématiques du point de vue de la légalisation du cannabis, de la crise des surdoses ou de la consommation récréative, il est essentiel d’y accorder une attention particulière.
Objectifs
Fondé sur les principes de la responsabilité populationnelle et de la hiérarchisation des services, le Plan d’action interministériel en dépendance 2018-2028 (PAID 2018-2028, MSSS, 2018) vise à mettre en œuvre des actions de prévention, de réduction et de traitement des conséquences liées à la consommation de substances psychoactives, à la pratique de jeux de hasard et d’argent et à l’utilisation problématique d’Internet en intervenant de façon précoce, adaptée et en continuité, le plus près possible des milieux de vie des personnes.
Le CIUSSS-EMTL a adopté, en 2024, la politique « Repérage, détection et intervention précoce en matière de dépendance » détaillant les critères et les balises entourant le repérage, la détection, l’intervention précoce ainsi que la référence en matière de dépendance. Celle-ci s’adresse à l’ensemble des directions clientèle et ces actions en dépendance s’adressent à l’ensemble des directions cliniques du CIUSSS-EMTL.
Pour consulter la politique « Repérage, détection et intervention précoce en matière de dépendance » (POL-118)
Repérer, intervenir et orienter pour briser le cycle

Repérer et détecter
Repérer et détecter les personnes qui présentent des comportements à risque ou qui répondent aux critères d’un trouble de l’utilisation d’une substance (TUS), un trouble lié aux jeux de hasard et d’argent (TJHA) ou qui présentent une utilisation problématique d’Internet.
Intervenir de façon précoce
Offrir aux personnes présentant des problèmes de consommation de substances psychoactives (SPA), de pratique de jeux de hasard et d’argent (JHA) et de l’utilisation problématique d’Internet, des services d’intervention précoce afin de prévenir, réduire et traiter les conséquences négatives.
Orienter et référer
Diriger les personnes qui présentent des comportements à risque ou un TUS, un TJHA ou une utilisation problématique d’Internet (UPI) vers les services ou l’établissement les mieux adaptés à leurs besoins.
Foire aux questions
Cette section regroupe les réponses aux questions les plus fréquemment posées.
Si vous ne trouvez pas la réponse à votre question sur l’offre de service, les critères d’admissibilités et pour les demandes de services, n’hésitez pas à contacter la ligne partenaire pour le personnel du CIUSSS-EMTL au 514-524-3544 poste 26182 ou par courriel à prevention.dependance.cemt@ssss.gouv.qc.ca.
La politique s’applique à l’ensemble des directions clientèle et ces actions en dépendance s’adressent à l’ensemble des directions cliniques du CIUSSS-EMTL.
Repérage
Activité clinique permettant l’identification des personnes qui présentent un trouble lié à l’utilisation de SPA, à la pratique des JHA ou à l’utilisation problématique d’Internet (UPI), qui vivent des conséquences négatives de leur usage ou qui sont à risque d’en développer. Le PAID 2018-2028 recommande d’utiliser des questions de repérage pour les adultes et pour les adolescents.
Détection
Activité clinique permettant d’identifier les consommateurs à risque, de mesurer le niveau de sévérité d’une problématique de consommation de SPA, d’une pratique de JHA ou d’utilisation problématique d’Internet (UPI) et de permettre à l’intervenant d’orienter l’usager vers le bon niveau de services requis par sa situation. L’utilisation du questionnaire de détection pour évaluer la consommation problématique d’alcool et de drogues chez les adolescents (DEP – ADO) de moins de 18 ans et du questionnaire dépistage/évaluation du besoin d’aide (DÉBA) pour les adultes (le DÉBA – Internet est valide pour les moins de 18 ans) est recommandée.
Intervention précoce
Activités cliniques (ex. : repérage, détection, intervention brève, orientation, référence, etc.) permettant de prévenir que la condition de la personne se dégrade, de réduire les conséquences négatives de comportements à risque tout en favorisant la motivation au changement pour les personnes qui ont une consommation à risque, des problèmes attribuables à la consommation de SPA ou à la pratique des JHA et l’UPI. Cela comprend également les interventions selon les approches de réduction des méfaits et motivationnelles auprès des personnes qui ne désirent pas consulter les services spécifiques ou spécialisés en dépendance.
Orientation
Action d’explorer avec la personne des stratégies d’aide appropriées et des pistes de solutions en fonction de sa situation et de ses besoins. L’orientation consiste aussi à lui fournir l’information factuelle nécessaire sur les services disponibles dans le réseau de la santé et des services sociaux ou dans la communauté.
Référence
Mesure personnalisée consistant à procéder à une recommandation directe de la personne auprès du service le plus apte à l’aider à résoudre ses difficultés. Elle est réalisée au moyen d’un formulaire ou d’une communication personnalisée.
Pour assurer la sécurité des fœtus, des nourrissons et des enfants en bas âge, les personnes enceintes, les parents de jeunes enfants, ainsi que leur coparent(s), lorsqu’ils présentent un problème dont le niveau de sévérité correspond aux critères d’un TUS, d’un TJHA ou d’une UPI, doivent être orientés de manière prioritaire en vue d’une évaluation spécialisée en dépendance.
D’autres groupes ayant des besoins particuliers nécessitent d’adapter les soins et les services. Le PAID 2018-2028 identifie notamment les hommes adultes, les jeunes et jeunes adultes, les personnes âgées, les joueurs en ligne (loterie vidéo et machines à sous), les personnes présentant un TUS et un trouble mental ou de santé physique, les personnes qui utilisent des drogues par injection et par inhalation, les personnes contrevenantes, les personnes en situation d’itinérance et les personnes présentant un TUS au profil chronique.
- Site Web : DÉBA – A/D : Dépistage/Évaluation du Besoin d’Aide – Alcool/Drogues (adultes)
- Site Web : DÉBA – Internet : Dépistage/Évaluation du Besoin d’Aide – Utilisation Problématique d’Internet (adultes et adolescents)
- Site Web : DÉBA – JEU : Dépistage/Évaluation du Besoin d’Aide en regard du jeu excessif (adultes)
- Site Web : DEP – ADO : Grille de dépistage de consommation problématique d’alcool et de drogues chez les adolescents et les adolescentes (adolescents).
D’autres outils, programmes et instruments sont disponibles au RISQ (recherche et intervention sur les substances psychoactives).
Au CIUSSS-CEMTL, l’utilisation du questionnaire de détection pour évaluer la consommation problématique d’alcool et de drogues chez les adolescents (DEP – ADO) de moins de 18 ans et du questionnaire dépistage/évaluation du besoin d’aide (DÉBA) pour les adultes (le DÉBA – Internet est valide pour les 12 ans et plus) est recommandée.
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Pour orienter et référer : Synthèse des services en dépendance PDF
Consultez la section de l'Intranet Dépendance & itinérance en cliquant sur ce lien pour en savoir davantage.
Les habitudes de consommation à faible risque correspondent à un feu vert au DÉBA A/D/J et au DEP-ADO. Le contexte, la substance et les caractéristiques de l’individu influencent le risque.
- Pour la consommation d’alcool (DÉBA-A), la personne ne dépasse pas les recommandations de consommation à faible risque.
- Pour la consommation de drogues (DÉBA-D), l’interprétation requiert une vigilance compte tenu des variables (substances, quantité, concentration, etc.).
- Pour les habitudes de jeux de hasard et d’argent (DÉBA-Jeu) à faible risque, il s’agit généralement du jeu récréatif pour lequel aucun problème n’a été mentionné. Une augmentation de la fréquence, des montants misés ainsi que les types de jeux sont un facteur de risque.
Les habitudes de consommation à risque et la consommation problématique correspondent au feu jaune des DÉBA A/D/J et DEP-ADO.
- La consommation à risque : profil de consommation de SPA dépassant les seuils d’une consommation à faible risque, entraînant une augmentation significative de la probabilité de l’émergence de problèmes associés à cette consommation, et ce, pour la majorité des personnes en santé.
- La consommation problématique : l’individu expérimente concrètement un ou divers problèmes associés : conflits interpersonnels, difficultés financières, prises de risques injustifiés, démêlés judiciaires, etc. Toutefois, l’intensité des problèmes n’est pas suffisante pour justifier un diagnostic de trouble lié à l’utilisation de substances (TUS).
Pour les habitudes à risque des jeux de hasard et d’argent (JHA) : elles perturbent la vie familiale de la personne, ses relations, son état psychologique, ses finances, etc. Dans les situations où la problématique devient plus importante, la personne pourrait présenter des symptômes du diagnostic de jeu pathologique, mais en nombre insuffisant pour poser un diagnostic.
Un trouble lié à l’utilisation d’une substance probable et le trouble d’utilisation à une substance (TUS) correspondent au feu rouge des DÉBA A/D et DEP-ADO.
Ce trouble réfère à un mode d’utilisation inadéquat d’une substance conduisant à une altération du fonctionnement ou à une souffrance cliniquement significative, caractérisée par la présence d’au moins deux des manifestations symptomatologiques au cours d’une période de 12 mois selon le DSM-5 : Manuel diagnostic et statistique des troubles mentaux (annexe 1 de la POL-118).
Un certain nombre d’intervenants utilisent les questions de repérage PDF et de détection typo3/#_msocom_2comme un moyen d’aborder la consommation de substances psychoactives.
N’hésitez pas à discuter avec une personne de votre équipe pour savoir comment elle s’y prend.
Le jeu pathologique probable et le trouble lié à la pratique des jeux de hasard et d’argent (TJHA) réfèrent au feu rouge du DÉBA – Jeu qui correspond à la pratique inadaptée, persistante et répétée de JHA conduisant à une altération du fonctionnement ou une souffrance, cliniquement significative, caractérisée par la présence d’au moins 4 des manifestations symptomatologiques au cours d’une période de 12 mois selon le DSM-5 : Manuel diagnostic et statistique des troubles mentaux (annexe 2 de la POL-118).
Une utilisation problématique d’Internet (UPI) réfère au feu rouge du DÉBA – Internet qui correspond à l’utilisation problématique et aux effets significativement problématiques qui en découlent.
Les aspects suivants sont pris en considération : « les habitudes d’utilisation, le temps consacré à l’utilisation, la poursuite de l’activité malgré la fatigue et l’épuisement, l’utilisation dans le but de gérer les émotions négatives, la perte de contrôle de l’utilisation et la perception extérieure de l’utilisation de la part des amis ou de l’amoureux.se » (Dufour et al, 2019 cité dans POL-118)
L’approche de réduction des méfaits est une méthode d’intervention participant à la santé des individus et des collectivités. La réduction des méfaits cherche à réduire les risques de conséquences négatives ou les conséquences négatives liées à des comportements et aux effets négatifs que peut avoir le contrôle de ces comportements (Brisson, 1997, 2004).
Pour en savoir plus, consultez la section formation de la boîte à outils dépendance, le catalogue de formations du CIUSSS-EMTL ou encore l'onglet Outils et guides de l'Institut universitaire sur les dépendances.
L’approche motivationnelle constitue une composante importante de l’intervention. Elle favorise la réflexion ainsi que la mobilisation des personnes présentant des comportements à risque, incluant ceux qui requièrent, mais refusent, une orientation vers les services de réadaptation en dépendance.
La réduction des risques et des méfaits cherche à réduire les risques de conséquences négatives ou les conséquences négatives liés à des comportements et aux effets négatifs que peut avoir le contrôle de ces comportements.
Statistiques
Utilisation des écrans:
Les écrans dans la famille | Institut national de santé publique du Québec (inspq.qc.ca)
Les écrans à l’école | Institut national de santé publique du Québec (inspq.qc.ca)
Jeux de hasard et d’argent:
DRSP - Jeux de hasard et d'argent (JHA)
INSPQ - Participation à des jeux de hasard et d'argent chez la population générale
INSPQ - Participation à des jeux de hasard et d'argent chez les jeunes du secondaire
Cannabis :
INSPQ - Consommation de cannabis chez la population générale
INSPQ - Consommation de cannabis chez les jeunes du secondaire:
Alcool
INSPQ - Consommation d'alcool chez la population en générale
INSPQ - Consommation d'alcool chez les élèves du secondaire
Autres substances psychoactives
INSPQ - Consommation de drogues et médicaments non prescrit chez la population générale
Surdose
Pour prévenir les surdoses aux opioïdes cliquez ici.
DRSP - EMIS - Portraits de santé des CIUSSS de Montréal